Margerin est un groupe de hasbeen élégants qui continuent de croire et de pratiquer une langue morte : le rock’n’roll. Ils sont, c’est vrai, plus âgés que les BB Brunes (çà s’écrit comme çà…), mais toutefois plus jeunes que les Buzzcocks et nettement plus en forme que les Ramones. Entendons nous bien, de la langue pelvienne de Presley à celle bien chargée des ultimes punks, en passant par l’ appendice cyniquo-vulgaire des Stones, celle qui fût vivante, bandante, méchante ou alléchante, n’en finit pas de mourir, de titiller le désir d’une minorité à laquelle appartient Margerin, groupuscule d’illuminés qui ne renonce pas à la philosophie grecque et allemande, à la messe en latin d’Otis Redding, et au gabba gabba hey des Ramones.....
Alors Margerin, qui se fout de la France, mais pas de la langue française, trimballe son barnum rock aux quatre coins du pays. Il s’apprête à sortir un premier album produit par Phil Delire (Bashung, Noir Désir, Arno...) et pense, à près de 200 concerts, n’avoir à remercier personne d’autre que celles et ceux pour qui l’essentiel du rock réside autant dans une bonne chanson qu’une belle paire de boots, une vilaine distorsion ou du rimmel qui coule.....