Stupeflip invente son style, mélange de petits samples inquiétants, de boucles immatures, de rythmes enivrants et d’airs insistants comme des parfums, avec des parties chantées passant de "rappé-hurlé" à chantégémi".
Le groupe déploie une mythologie dans laquelle il s’inscrit comme son "extension". C’est le C.R.O.U., "là, entre autres, pour terroriser la population".
Stupeflip est une sorte d’Al-Quaïda du Gentil. L’ego-trip typique du Rap West Coast, presque toutes les chansons de Stupeflip présentent et représentent ses personnages, Pop-Hip, Kingju, Cadillac, MC Salo.
Les chansons parlent, avec une drôlerie pleine de compassion, des laissés pour compte, des ratés, des monstres ; en quoi le groupe montre des affinités évidentes avec les Residents, Ween, mais aussi les bandes dessinées de Charlie Schlingo ou de Pierre La Police.
Signé en licence sur Voston & Limantell, un label de BMG, le premier album sort en janvier 2003. Stupeflip commence alors à bénéficier d’une célébrité empoisonnée grâce à un morceau inhabituellement sucré Je Fume Pu d’Shit (avec Jacno).
2011, "The Hypnoflip Invasion". Il commence par l’affirmation "Le Stupeflip C.R.O.U. ne mourra jamais" et le deuxième morceau déclare que le C.R.O.U. a disparu en 2999. Tout meurt tout le temps dans Stupeflip et tout bascule au passé, même l’avenir. L’objectif n’est pas d’avancer, mais de rester attaché obsessionnellement aux références les plus terrifiantes de l’enfance. Produits sur une décennie, les trois albums de Stupeflip suivent une ligne extrêmement proche où la fin de chaque album forme le commencement du suivant. Entre les chansons, des intermèdes posent le décor ou commentent la narration, et chaque disque se termine par un tour de force de plus de sept minutes, où des monologues apocalyptiques se succèdent sur des musiques répétitives à grandes intensité dramatique.
"The Hypnoflip Invasion" va jusqu’au bout de l’embarrassant. Dans ce troisième disque, plus fou et plus beau encore que les deux premiers, Stupeflip dessine la fleur transfiguratrice d’un hilarant pathétique. La troisième ère du stup commence maintenant. Et l’invasion se manifestera par une tournée dont la radicalité s’exprimera avec une précision plus rigoureuse que jamais. Plus visuelle et plus dramatique, le tour que prépare Stupeflip à son public d’âmes damnées aura la logique d’une machine infernale. Mais tout le monde sait que la terreur sur Terre, le flip hypnotique suprême, est l’apanage des gros travailleurs.