Mademoiselle K, guitare et bottes à talon biseauté, se croit toujours dans un western. Elle a raison. Cinq ans après l’album "Ça me vexe", et deux ans après un live, témoin des concerts qu’elle donne avec son groupe de trois musiciens, Mademoiselle K revient. Elle a toujours sa tête de Pat Benatar. Mais elle se la prend moins.
Après son premier album, elle s’est retrouvée strassée, stressée. Elle s’est recentrée sur l’essentiel, les compos, à se faire seule les questions et les réponses, avec ses jouets. Elle a ressorti sa guitare, son piano, posé des patterns de batterie.
Durant un an et demi, elle a écrit, retouché, biffé, réécrit jusqu’à ce que chaque couplet valide l’intention première, phrases en vison doublé. Dans son local à Pantin, elle a scotché une phrase scotchante : "Le plus grand obstacle à la vie est l’attente, qui espère demain et néglige aujourd’hui".
Bientôt 30 ans, et elle s’est demandé ce qui tenait le plus au corps, de l’énergie ou des compos. C’était le bon moment pour s’affirmer autant comme songwriter que comme performeuse. Au bout d’un an et demi, Mademoiselle K a rappelé son groupe et Antoine Gaillet, le réalisateur de son premier album.
Jusqu’à ses 20 ans, Mademoiselle K, Katerine Gierak à la ville, faisait de la guitare classique. Conservatoire de Boulogne, études de musicologie. La mère, fan d’opéra, rêvait d’être pianiste. Son père, qui jouait de l’accordéon, écoutait Elvis et Aznavour. Fille d’immigrés polonais. Toute son enfance, Katerine Gierak a entendu ses parents devoir épeler leur nom. Les parents ne sont jamais mieux vengés que par leurs enfants. Mademoiselle K, en entier, l’a fait. Sans une faute. Doigts dans l’nez.